La règle figure à l'article 6 du code frontières Schengen : un court séjour ne dépasse pas 90 jours sur toute période de 180 jours, et ces 180 jours se comptent en arrière à partir de chaque jour du séjour. Elle est la même pour les titulaires d'un visa et pour les voyageurs qui n'en ont pas besoin.
Comment la fenêtre se déplace
Il n'y a pas de semestres fixes, et rien ne repart de zéro quand vous sortez, obtenez un nouveau visa ou changez de passeport. Chaque jour de votre séjour, remontez de 180 jours, ce jour compris, et comptez les jours passés dans l'espace Schengen. Il ne doit pas y en avoir plus de 90.
- Le jour d'entrée et le jour de sortie comptent tous les deux. Atterrir à 23 h 50 et repartir à 0 h 10 font deux jours.
- Les jours de voyages différents s'additionnent : les 90 jours n'ont pas à se suivre.
- Un jour cesse de compter 180 jours après. Rien d'autre ne libère des jours.
- Comptez en jours, pas en mois : du 1er juin au 31 août, cela fait 92 jours.
Un exemple. Vous étiez en Espagne du 1er au 30 juin 2026 et vous entrez de nouveau le 8 octobre 2026. Les 180 jours qui précèdent cette date contiennent 30 jours de séjour, mais vous pouvez rester les 90 jours entiers, jusqu'au 5 janvier 2027 : les jours de juin sortent de la fenêtre pendant votre voyage. Après 90 jours d'affilée, vous ne pouvez revenir qu'après 90 jours hors de l'espace Schengen.
Le calculateur 90/180 de Vizir fait ce compte pour vos dates. La Commission européenne a son propre calculateur, en anglais.
Quels jours comptent
- Les 29 pays Schengen comptent comme un seul : 25 pays de l'UE, plus l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. Les jours passés en France, en Italie et en Grèce s'additionnent.
- La Bulgarie et la Roumanie sont membres à part entière depuis le 1er janvier 2025 : les jours passés là-bas entrent dans les mêmes 90.
- Chypre et l'Irlande sont dans l'UE mais hors de l'espace Schengen. Les jours passés là-bas ne comptent pas, et Chypre tient son propre compte de 90 jours sur 180.
- Le temps passé avec un titre de séjour ou un visa national de long séjour (type D) d'un pays Schengen ne compte pas.
- Le Royaume-Uni, la Turquie, la Serbie, le Monténégro, l'Albanie, la Géorgie et l'Arménie sont entièrement hors du compte.
Avec un visa : trois limites à la fois
Le visa ajoute deux limites à la règle : les dates entre lesquelles il est valable et le nombre de jours de séjour qui y est inscrit. La plus stricte des trois s'applique. Un visa à entrée unique de 15 jours prend fin au bout de 15 jours, même s'il est valable 15 jours de plus que le voyage : cette marge permet de décaler les dates, pas de rester plus longtemps.
Un visa à entrées multiples d'un, deux ou cinq ans porte la mention « 90 jours ». Ce sont 90 jours sur chaque fenêtre de 180 jours — pas 90 jours par voyage ni 90 jours pour tout le visa. Il ne permet pas de vivre dans l'espace Schengen.
Désormais, la frontière compte pour vous
Depuis le 10 avril 2026, le système d'entrée/sortie fonctionne à toutes les frontières extérieures de l'espace Schengen. Il enregistre chaque entrée et chaque sortie à la place du tampon dans le passeport et calcule lui-même les jours restants. Le garde-frontière les voit à l'entrée et à la sortie, et le consulat voit combien de jours il vous reste pour les dates du prochain voyage.
Un dépassement vous inscrit sur une liste que consultent les autorités de frontière, d'immigration et des visas de tous les pays Schengen. Si un événement imprévisible vous a retenu, une hospitalisation par exemple, montrez-en la preuve aux autorités : l'enregistrement est corrigé et vous êtes retiré de la liste. Vous pouvez vérifier votre solde dans l'outil officiel du système : il demande les données du passeport et les dates du voyage.
Ce que coûte un dépassement
La loi ne prévoit aucune tolérance d'un jour ou deux : tout dépassement est un séjour irrégulier, et sa trace reste. Selon les règles de l'UE, le pays peut vous ordonner de partir et vous interdire de revenir pendant cinq ans au plus ; l'interdiction est inscrite dans le système d'information Schengen et vaut dans tous les pays Schengen. Les amendes sont nationales, et il n'existe pas de tarif unique par jour.
| Pays | Ce que prévoit la loi |
|---|---|
| France | Pas d'amende pour le dépassement lui-même. Une obligation de quitter le territoire, en général sous 30 jours ; une interdiction de retour de 5 ans au plus est possible. |
| Italie | Expulsion avec interdiction de retour de 3 à 5 ans. L'amende de 5 000 à 10 000 € ne s'applique pas quand le dépassement est constaté au contrôle de sortie. |
| Espagne | Une amende de 501 à 10 000 € ou, à sa place, l'expulsion avec interdiction d'entrée de 5 ans au plus. |
| Grèce | Une amende payée à la sortie : 600 € pour un dépassement de 30 jours au plus, 1 200 € au-delà. |
| Hongrie | Expulsion et interdiction d'entrée de 5 ans au plus, décidées au cas par cas. |
| Allemagne | Une amende de 3 000 € au plus pour un dépassement par négligence ; un dépassement délibéré est un délit. |
Un dépassement joue aussi contre votre prochain visa. Tous les consulats le voient, et les visas à entrées multiples de longue durée ne vont qu'à ceux qui ont utilisé légalement leurs visas précédents.
Si vous ne pouvez pas partir à temps
Maladie, vol annulé ou autre raison indépendante de votre volonté : adressez-vous à l'autorité d'immigration du pays où vous êtes avant la fin de vos jours. L'article 33 du code des visas permet de prolonger un visa — gratuitement en cas de force majeure ou pour des raisons humanitaires, pour 30 € pour des raisons personnelles graves. Gardez les certificats médicaux et les messages de la compagnie aérienne, et conservez toujours billets et cartes d'embarquement : si le système n'a pas trace de votre sortie, ils prouvent quand vous êtes parti.
S'il vous faut plus de 90 jours
Sortir un jour ou deux ne change rien : les jours déjà passés restent dans la fenêtre. Un séjour plus long demande un visa national de long séjour (type D) ou un titre de séjour du pays — pour études, travail ou famille. Le temps passé avec ce titre ne compte pas dans les 90 jours. Les ressortissants de certains pays dispensés de visa, surtout d'Amérique latine, peuvent demander à un pays Schengen du temps en plus au titre d'anciens accords bilatéraux ; les titulaires d'un visa n'en bénéficient pas.
Quand Vizir prépare une demande de visa Schengen, le spécialiste confronte les dates du voyage à vos séjours précédents, pour que le visa demandé respecte la règle.